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Bilan de la 47ème édition

STANDING OVATION POUR LA CHATELAINE

Après 6 jours de richesse artistique au cœur de la vieille ville, le Festival se clôt aujourd’hui sur un bilan heureux et le formidable enthousiasme d’un large public friand de culture et de convivialité. Parmi les nouveautés de cette année, la majestueuse scène de La Châtelaine sur la place du Château a magnifié les pièces de DeLaVallet Bidiefono et d’Alice Ripoll sous l’œil vigilant du Major Davel. Les Bains Publics de 3615 Dakota & les 3 Points de Suspension ont rempli leur double mission artistique et urbano-thérapeutique en créant du lien avec les habitants du quartier et en mettant en scène un discours aussi cohérent qu’ahuri et tordant. La 47e édition a attiré environ 91'000 spectateurs, une affluence légèrement moins forte que l’année passée due à la Coupe du Monde en début de semaine et de fortes pluies d’orage le samedi.

LES SEPT EFFETS CITE

Une majestueuse Châtelaine qui fait dialoguer patrimoine et arts vivants

Fin des travaux du Château Saint-Maire oblige, il fallait trouver une infrastructure qui rende hommage au patrimoine et mette en valeur les projets artistiques tout en offrant une qualité de réception optimale pour les festivaliers et festivalières. Objectifs atteints au vu de l’engouement public relayé par les médias: « l’une des meilleures infrastructures jamais tentées sur ce lieu » selon le 24 Heures. Une scène à ciel ouvert et toute en légèreté, un très large plateau pour accueillir de grands spectacles et un haut gradin pour permettre au plus grand nombre d’y assister.

De belles réussites artistiques qui remplissent d’énergie

Belle confirmation de l’importance du cadre qui accueille les performances artistiques, le théâtre pur de Gwenaël Morin présenté devant Les Marches sur le Pont-Bessières a donné des frissons aux spectateurs assis à quelques mètres seulement des jeunes comédiens. Frissons également sur La Châtelaine pour Monstres, la pièce puissante alliant musique et danse de DeLaVallet Bidiefono. Coup de cœur sur La Perchée pour La Scortecata d’Emma Dante, spectacle émouvant et drôle entre tragédie napolitaine et débauche fellinienne qui a captivé le public.

En musique, la vraie découverte a été Shortparis, groupe russe complètement hors radars et inconnu en Europe de l’ouest qui a livré un show particulièrement intense. Energie folle, authenticité et spontanéité sur scène, la cold wave de Saint-Petersbourg a marqué les esprits. Plaisir largement partagé par le public en transe, comme pour la techno punk organique de La Jungle. Sur le Grand Canyon, les têtes d’affiche Suuns et Chassol ont confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux. Quant aux rappeurs locaux d’XTRM Tour, ils ont comme à leur habitude provoqué l’émeute, mais une émeute très bon enfant !

Le programme de musique classique a également réservé de grands moments avec Luca Pianca au théorbe dans La Cathédrale et Fabrizio Chiovetta au piano sur la jolie Placette Bonnard.

Des Bains Publics pourvoyeurs d’espoir

L’ambition du Festival de modifier notre regard sur la ville était tout spécialement portée cette année par le projet des Bains Publics installé sur la place du Tunnel. La balnéothérapie urbaine portée par le collectif 3615 Dakota et les 3 Points de suspension a pris de l’ampleur de jour en jour, attirant les habitant-e-s du quartier, les enfants qui dès le 2ème jour attendaient impatiemment l’ouverture des portes, passant-e-s et festivalier-e-s. Certains et certaines y ont passé des heures, du jacuzzi au sauna, du karaoké pour faire pousser les salades aux tables de relaxation. Mais aussi à écouter le discours philosophique et drôle des artistes. Un projet qui fait réfléchir en s’amusant et qui pour sûr a marqué les esprits. Nous ne verrons plus jamais ce parking totalement comme avant !

Des déambulations accrocheuses

Le Schmurtz, projet participatif de la compagnie La Ménagerie a mis en sons et en images passantes et passants devenus acteurs de courts films d’animation. Courts métrages diffusés à la nuit tombée sur l’écran de la place du Château. Tous les jours dans des lieux différents, les gens se sont pris au jeu. Ambiance de carnaval avec la fanfare haïtienne La Bande à Pied Follow-Jah qui a déambulé plusieurs jours dans les rues de la Cité entraînant derrière elle une ribambelle de badauds dansants et chantants, dont des dames haïtiennes qui n’avaient plus eu de contact avec leur culture depuis 23 ans.

Jeune public en hausse

Grande baisse de la moyenne d’âge du public ! Surtout en fin d’après-midi... Les familles ont investi les lieux en grand nombre. La programmation jeune public s’adressait à différentes tranches d’âges avec des propositions très variées : cirque, marionnettes, musique. Attraction phare proposée en continu, le Manège Titanos au look art brut a conquis les enfants et beaucoup amusé les parents aussi ! Carton plein pour Pas si bêêtes, spectacle de marionnettes sur la jolie Placette Bonnard.

L’esprit cité du XS au XL

De magnifiques découvertes, un terrain propices à de belles rencontres conviviales, des lieux magnifiques ou improbables métamorphosés par les propositions artistiques et un accueil soigné du public. Cette année, Laure Akash responsable de la décoration a offert de nombreux petits salons home made bricolés et récupérés aux festivaliers et festivalières conquis. Grands spectacles, petits salons, petits projets, grandes expériences, l’esprit cité se décline du XS au XL dans tous les domaines !

Des nuits sans rêves partagés

La difficulté d’obtenir un lieu pour poursuivre les soirées après les horaires de fermeture du festival en plein air est une problématique qui a pesé sur cette édition. Sur nos staffs et notre public. Canaliser les ardeurs des plus motivés qui sont restés dans le périmètre faute d’alternative a été difficile et a engendré des nuisances sonores pour les habitants du quartier. La culture ne s’arrête pas à 1h30 du matin. La culture nocturne a ses artistes et ses adeptes. Le Festival a absolument besoin de trouver une solution... Affaire à suivre.